Extrait d’une correspondance privée, légèrement remaniée à l’occasion de sa diffusion tout public. 

« Merci pour ce partage de tes récentes expériences et des belles prises de conscience qui en ont résultées. Si je devais ressortir une seule phrase à même de résumer toute la sagesse que ton partage contient, je citerais celle-ci : « Il faut juste être dans le présent, dans l’instant sans être dans l’attente, et se laisser emmener par son intuition, son Âme. » Voilà une bien sage vérité, qui m’apparaît comme étant l’attitude intérieure prioritaire à chercher dans la démarche spirituelle, quelles que soient les voies empruntées.

Souvent, nous avons tendance à « chercher midi à quatorze heures », compliquant à l’extrême ce qui est pourtant d’une infinie simplicité pour peu que l’on s’efforce de se positionner avec justesse spirituellement, c’est à dire au niveau de l’esprit. Tout se joue en effet au niveau de l’état de conscience qui est le nôtre face à ce qui se manifeste dans l’instant présent. Comme tu le disais très justement l’autre soir (pardonne-moi si je ne retranscris pas avec exactitude tes propos d’alors) : « pourquoi donc devons nous toujours trouver un sens à tout ce qui nous arrive ? » Ceci est une invitation à simplement accueillir les choses telles qu’elles sont, sans chercher à systématiquement interpréter, comprendre, évaluer, analyser pour trouver les causes et les conséquences de ce qui se passe. Simplement ÊTRE, en effet, par la Présence aussi attentive que possible portée à « ce qui est », y compris aux réactions du mental qui ne manqueront d’apparaître face à « ce qui est » justement, le mental étant incapable par nature d’accepter « ce qui est », sauf dans une logique conditionnelle lorsque « ce qui est » est conforme à ses… attentes, raison pour laquelle « être sans attente » implique de se placer également dans l’observation détachée du mental et de toutes les formes d’impulsions qu’il est susceptible de produire, en plus de prendre conscience du fait même d’observer, pour se placer ainsi dans la pure conscience d’ÊTRE. C’est là aussi la meilleure manière de se « laisser emmener par son intuition » comme tu le dis, se laissant ainsi guider par cette petite voix intérieure qui seule sait ce qui est véritablement juste et bon pour notre évolution sur tous les plans.

Donc oui, en effet, pourquoi chercher un sens à tout ? Cette recherche est mentale ! Or le mental ne pourra jamais tout comprendre, les causes qui président aux événements étant si vastes qu’elles dépassent infiniment ses possibilités de compréhension. Par conséquent, mieux vaut s’ouvrir à l’intuition comme tu le suggères, sans attente là non plus quant à la forme que cette intuition doit prendre, car si elle ne vient pas d’un ressenti ou d’un flash intérieur, c’est par des synchronicités qu’elle prendra forme dans notre réalité extérieure, synchronicités qui seront sources d’un émerveillement d’autant plus grand que le mental n’aura rien projeté justement. Pour reprendre l’expression tirée de l’analyse symbolique de la tortue (cf. texte reproduit en bas de page), il s’agit de « se laisse porter par la magie sacrée de la vie« .

Cherchez en soi-même plutôt qu’à l’extérieur

Ce qui m’apparaît également comme très important dans ton partage, c’est ce questionnement par rapport à la nature des énergies qui nous environnent, à leur identification ainsi qu’à leur recherche. Le fait de chercher à les identifier, à les expliquer et à les canaliser, n’est-ce pas finalement une démarche qui détourne notre attention de l’essentiel et qui surtout nous dispense de cet effort à fournir – forcément rebutant pour le mental en quête de stimulation – pour nous placer dans les conditions intérieures de calme mental qui favorisent l’ouverture à une Intelligence qui saura bien plus efficacement et sûrement nous « remplir », nous guérir et nous élever spirituellement que ne pourra jamais le faire ces énergies « extérieures » ? Je me demande toujours pourquoi l’on devrait aller les puiser à l’extérieur alors que leur Source est en nous-mêmes, ici et maintenant, et qu’Elle n’aspire qu’à une seule chose : nous offrir en abondance et inconditionnellement l’énergie la plus haute et la plus pure qui soit, l’énergie d’Amour, cela en juste mesure, c’est-à-dire de façon parfaitement adaptée à nos besoins, pour peu qu’on veuille bien s’ouvrir à Elle en alignant notre conscience sur le moment présent justement. Tout est si simple dans l’absolu, pour peu qu’on veuille bien consentir à faire cet effort de lâcher-prise, pour revenir à l’ici et maintenant, dans l’absence d’attente, de recherche, de volonté de tout comprendre, etc. ; un abandon forcément rebutant pour le mental qui a besoin de s’appuyer sur des choses palpables, reconnues par l’expérience personnelle ou définies par les croyances.

Bien que ce soit simple, ce n’est pas facile pour autant, et c’est pour cela qu’il est si tentant de s’en remettre à des énergies extérieures plutôt que de faire cet effort de lâcher-prise qui nous aligne sur la Source de notre âme, tout comme il est tentant de s’en remettre à des pierres, des ondes de forme, des « gadgets » énergétiques de toute sorte, voire même à des influences subtiles invisibles. Bien sûr, l’un n’empêche pas l’autre, et il n’y a pas de problème à se faire aider par des influences « extérieures », à condition toutefois qu’on n’en remette pas exclusivement à elles dans une attitude passive et démissionnaire face à cette nécessité de produire des efforts sur soi-même. Tout est question de « juste milieu », encore et toujours…

Présence à soi-même

Pour ma part, et de manière plus personnelle, je ne me pose pas beaucoup de questions par rapport aux énergies à l’oeuvre dans l’univers, à leur origine, à leur nature, tout comme je ne cherche pas à entrer en connexion avec elles. Je me contente de « sentir » si quelque chose me fait du bien, ou si cela me fait du mal, recherchant à travers elles les conditions vibratoires propices à mon travail intérieur, travail qui se situe avant tout dans l’observation de ma réalité intérieure, en terme de sensations mais aussi d’état d’esprit, dans la Présence aussi attentive que possible à ma propre présence, en tant que porte d’accès au moment présent.

Lorsque l’on vit sa spiritualité dans une telle recherche de simplicité en phase avec le moment présent, on peut il est vrai se sentir en décalage avec d’autres personnes dont les pratiques nous semblent s’éloigner de cette forme d’essentiel, et finalement leur faire prendre des chemins de traverse qui au final leur font perdre un temps précieux, du moins en apparence. Tout comme toi, je remarque cela et sincèrement cela m’attriste un peu quand je vois que ces personnes regardent dans la mauvaise direction et se dispersent plus qu’autre chose. Mais d’un autre côté, je me dis aussi que c’est peut-être ce qu’elles ont besoin d’expérimenter pour comprendre par elle-même qu’il y a quelque chose de plus essentiel, une voie plus « directe » vers la réalisation de soi-même. À ce niveau, ce que nous pouvons faire, c’est de leur offrir notre Présence et laisser l’Amour irradier de notre cœur en leur direction ; c’est le meilleur moyen, je pense, d’inspirer par le rayonnement ainsi dégagé en toute simplicité, que tout est déjà là, en nous, et que rien d’extérieur ne saura jamais égaler la force et la splendeur des énergies lumineuses qui émanent de la Source de notre Être. »

Frédéric Burri

Le symbolisme de la tortue :

« La Tortue est animée de Conscience. Elle se laisse porter par la magie sacrée de la vie. Elle n’a pas besoin de savoir, elle a juste à vivre « ici et maintenant » dans « l’instant présent » là où tout l’univers vibre à l’unisson. Harmonieusement au diapason de l’univers, la tortue joue sa partition avec simplicité, humilité, sagesse et présence. La Tortue, protégée d’un monde fou par sa carapace, ressent chaque vibration de la Vie avec laquelle elle est en communion parfaite. Son immense sagesse, son immense paix et donc son Unité imperturbable lui apportent longévité. La Tortue devient alors comme une vielle Grand-Mère, au même titre que la Terre-Mère, emplie d’enseignements et de guérisons devenus plus que nécessaires dans un monde « surexcité »… tel un lièvre ! Nous comprenons ainsi pourquoi la Tortue cosmogonique, par sa Sagesse infinie, a inspiré de nombreux peuples et de nombreuses histoires ! »

Source : http://grandourschaman.free.fr/tortue-sagesse-incarnee.html