Charte d’éthique individuelle

par | Nov 14, 2019

Au sens où je l’entends, la quête spirituelle, et toutes les formes d’enseignements et de pratiques destinées à la soutenir, ne constituent pas une source de curiosité destinée à distraire l’esprit ni un simple « passe temps » comme un autre ; c’est une démarche sincère, authentique et profonde, et j’oserais même dire… sacrée !

Celui ou celle qui décide de s’y engager le fait parce qu’il en ressent le vibrant appel au fond de lui, et parce qu’il est prêt à accomplir des efforts en travaillant sur lui-même pour évoluer, grandir en sagesse, en connaissance de soi, et éveiller en lui la Conscience de l’Unité propre à celle du Pur Esprit qu’il est en essence, siégeant au cœur même de son être, comme au cœur de toutes formes de vie desquelles il n’est donc nullement séparé, contrairement à ce que son identification à son « petit moi » lui fait croire illusoirement.

La voie spirituelle implique en effet qu’on s’y investisse « corps et âme », de tout son cœur même, avec une réelle aspiration à vivre la réalisation intégrale du meilleur des possibles que l’on porte en son âme, faisant croître ainsi en soi-même des vertus telles que le renoncement, la patience, le lâcher prise, la détermination, l’humilité, l’authenticité, la persévérance, la foi, la tolérance et bien sûr… l’amour, garantissant de ce fait une progression sûre sur ce chemin dont l’aboutissement est le rayonnement pur et désintéressé de toutes ces vertus.

Conformément à ce sage principe selon lequel « le but est le chemin lui-même », ce qui importe n’est toutefois pas d’être « parfait » spirituellement dans les faits, mais d’aspirer à cet idéal synonyme de « justesse », efforts sur soi-même à l’appui, le plus sincèrement possible.

D’après cela, toute personne qui porte en elle cette noble aspiration et qui s’efforce d’y parvenir, du mieux qu’elle peut, se donne les moyens d’avancer sûrement sur la voie spirituelle, même si dans cette dynamique il est inévitable qu’elle se heurte fréquemment à des obstacles intérieurs et qu’elle dévie ainsi temporairement de son idéal, mais en considérant alors que son « faux pas » n’est pas une erreur pour laquelle elle devrait se sentir coupable, mais une opportunité d’évoluer.

Les nombreuses expériences menées avec des groupes dans des stages ou des voyages, m’ont permis de réaliser que l’aspiration à cette « justesse » dans la quête spirituelle, même avec les meilleures intentions du monde, n’est à elle seule pas suffisante pour garantir l’harmonie, l’unité et la cohésion entre les membres du groupe, cela précisément à cause du fait que les risques de « chutes », les dispersions, les déviations et les tentations font partie intégrante de cette quête.

Dans un contexte au sein duquel les gens se réunissent avec en commun l’objectif de travailler sur eux-mêmes et d’évoluer, et cela même si ils en sont parfaitement conscients et d’autant plus vigilants à cet égard, les interactions avec les autres peuvent donc donner lieu à des incompréhensions, des non-dits, des tensions, des conflits, même si bien entendu ces interactions sont également susceptibles de produire des échanges authentiques, respectueux et profonds.

Bien qu’ils soient forcément désagréables lorsqu’ils surviennent, ces moments difficiles sont d’une certaine manière « bienvenus » dans la mesure où ils sont autant d’opportunités de mettre en lumière certains modes de fonctionnement avec les croyances et mémoires qui leurs sont liées, à condition toutefois que la personne touchée se donne les moyens de se placer dans le juste positionnement intérieur, s’offrant à elle-même ainsi qu’aux autres un espace d’accueil bienveillant où la possibilité existe de tirer ainsi profit de la situation, pour faire de l’or avec du plomb… selon une métaphore bien connue des alchimistes.

Dans ce contexte, il est fondamental qu’un cadre clairement défini soit posé pour que les interactions entre les uns et les autres aient ainsi toutes les chances d’être évolutives plutôt qu’involutives. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’instaurer une charte d’éthique individuelle réunissant les points qui me paraissent les plus essentiels pour y parvenir, et desquels toute personne souhaitant participer à l’un de mes stages/voyages se doit de prendre connaissance en y adhérant sans réserve.

Les différents points constitutifs de cette charte d’éthique sont énumérés ci-après, avec des notes de bas de page apportant des précisions lorsque cela s’avère utile.

 

Charte d’éthique individuelle relative au positionnement intérieur et au comportement du membre du groupe

REMARQUE : comme je l’ai expliqué plus haut, il n’est pas nécessaire d’être parfaitement conforme à l’idéal que les termes de la présente charte exposent, mais d’être en accord avec eux et de s’engager le plus sincèrement possible à faire de son mieux pour s’y conformer. Cela vaut pour chaque participant, mais également pour le ou les intervenants.

1) La recherche de la justesse dans le positionnement intérieur comme dans les gestes, les paroles[1] et les actes, dans l’optique de la maîtrise de soi-même.

2) Le désir d’apprendre, de comprendre, de grandir, d’évoluer, avec l’ouverture et la souplesse d’esprit suffisantes pour être capable de remettre en question toute forme de croyances, idéologies ou concepts, qui pourraient constituer une entrave à l’épanouissement de l’âme.

3) L’intelligence du cœur, se manifestant par l’esprit de bienveillance, l’humilité, la tolérance, le bon sens, la capacité à se remettre en question et à demander pardon à autrui, ainsi qu’à pardonner à autrui et à soi-même.

4) La mise entre parenthèse, durant toute la durée du stage/voyage, de toutes les techniques autres que celles qui y sont transmises, afin de pouvoir déterminer en toutes connaissances de cause si elles conviennent à la sensibilité et aux besoins du participant.

5) Participation obligatoire à toutes les activités de groupe, incluant les repas et les partages[2]. Au sujet de ces derniers plus spécifiquement, ils se déroulent en présence de chaque membre du groupe et exigent la prise de parole de chacun d’entre-eux sans exception durant un temps de partage limité à trois minutes, au cours duquel une écoute attentive dépourvue de jugement lui est offerte, sans l’interrompre ni commenter ses propos.

6) D’après l’idée que « c’est la dose qui fait le poison », et suivant le sage principe de la tempérance, la consommation de tabac ou d’autres substances[3] doit être limitée au strict minimum relativement au degré d’addiction auquel le participant est sujet. Parce qu’elle est de nature à programmer négativement la psyché humaine par les charges émotionnelles qu’elle contient, la chaire animale doit être limitée également et, dans l’idéal, c’est le régime végétarien qui est à privilégier durant toute la durée du stage/voyage.

7) La tolérance manifestée à l’égard des produits mentionnés au point précédent, ne vaut pas pour les drogues et l’alcool, dont chaque membre doit pouvoir se passer durant toute la durée du stage/voyage.

8) Limitation de l’usage du téléphone portable à la stricte nécessité. Mise en mode avion hors des temps libres et des pauses.

9) Respecter le « Noble silence » durant la pratique des exercices et les temps libres « hors partages ».

Dernière mise à jour : 14.11.2019, par Frédéric Burri

L’élaboration de cette charte d’éthique vise à limiter au minimum les risques que des schémas de fonctionnement « saboteurs » ne viennent se manifester et perturber les interactions entre les membres du groupe, et qu’à l’inverse elle maximise les chances que ces interactions soient autant d’occasions de grandir en conscience dans l’amour, la joie, la paix, l’empathie, la confiance, la tolérance, la connaissance de soi et la liberté d’être.

Le document au format papier reprenant l’intégralité des informations de cette présente charte, devra être relu et approuvé par la signature du participant avant le début du stage/voyage.

Le non-respect d’un ou plusieurs des termes de cette charte d’éthique, de manière consciente ou inconsciente, qu’ils soient rapportés par un ou plusieurs participants ou constatés par les intervenants en charge du groupe, fera l’objet d’une évaluation de la part de ces derniers pouvant possiblement aboutir à l’exclusion de la personne concernée, sans lui donner droit au remboursement pour la partie du stage/voyage qu’elle viendrait ainsi à manquer.

[1] Chaque membre du groupe accordera une vigilance toute particulière aux mots employés et à l’intonation qui les véhicule quand il s’adresse aux autres, y compris pour les remarques « légères » comme les plaisanterie et les  traits d’humour, celles-ci étant souvent le vecteur de messages cachés beaucoup moins « drôles » qu’il n’y paraît, tels que reproches, jugements, humiliations. Le membre du groupe veillera à s’exprimer d’une manière bienveillante et respectueuse avec l’intention de ne pas heurter son interlocuteur ou les personnalités les plus sensibles du groupe à son écoute. Si tel est le cas malgré tout, ce qui peut bien sûr survenir non seulement parce que les travers possibles sont nombreux en communication, mais aussi parce que l’autre a son propre filtre au travers duquel il peut mal interpréter les propos tenus, les personnes concernées mettront un point d’honneur à dissiper les malentendus et les tensions grâce à une discussion authentique et transparente, qui pourra au besoin être encadrée par l’un des intervenants.

[2] Les partages de groupe ont lieu 2 à 3 fois par jour. Réunis en cercle, les membres du groupe prennent tour à tour la parole dans un ordre aléatoire, pour un temps limité durant lequel ils bénéficient de l’assurance de ne pas être interrompus, pour témoigner librement de leur état d’esprit général et/ou de prises de conscience importantes, ou plus simplement d’une anecdote. Le but de ces partages est double : ils permettent de connaître l’état d’esprit de chacun et de limiter ainsi le risque de projections et d’interprétations relatives à son comportement et à son attitude, et constituent qui plus est un excellent exercice de désensibilisation en ce qui concerne l’expression de soi face aux autres.

[3] Inclus : cannabis et vapotage. Outre le fait que les substances inhalées soient susceptibles d’incommoder les autres directement par leur toxicité et l’odeur qu’elles diffusent dans l’atmosphère, elles ont un effet puissamment involutif d’un point de vue occulte, en rechargeant en énergie les aspects les plus « sombres » de soi-même. Il faut le savoir, et en tenir compte !

Si la liberté d’expression est un droit, l’esprit de bienveillance est un devoir…!

Frédéric Burri