Comme chaque année, Pâques est une occasion de se rappeler le sens profondément symbolique de la résurrection de Jésus Christ.

Si je parle de symbolisme, c’est parce que je considère les étapes majeures de la vie de Jésus Christ comme autant de symboles de ce que chacun d’entre-nous peut vivre intérieurement le long du chemin initiatique qui mène à la Réalisation de notre véritable Essence : la Lumière spirituelle.

Plus précisément, en ce qui concerne la résurrection, il s’agit du passage de l’âme vivante à un état de conscience supra-mental, dans lequel tout sentiment de séparation a été transcendé. Dans cet état de conscience qu’il lui est possible d’atteindre de son vivant, l’être ne s’identifie plus à son corps ni à l’idée mentale qu’il se fait de « lui-même » (l’ego), mais s’identifie à sa véritable Identité spirituelle, cette Essence ou Lumière spirituelle, se voyant ainsi en chaque être vivant, en chaque chose, au-delà des formes qui en constituent les enveloppes superficielles dont il reconnaît l’impermanence, à la différence de cette Lumière que Jésus appelait la « Vie éternelle ».

L’esprit d’unité dans laquelle cet état de conscience place l’être « ressuscité », est le Royaume de Dieu dont Jésus parlait, qui n’est donc pas un « au-delà » auquel on accéderait en ayant préalablement quitté le corps de chair, mais ce monde tel qu’il est ici et maintenant, simplement vécu à partir d’un autre état de conscience, un état de conscience « non-duel ».

Parvenir à cet état de conscience est le fruit d’un long processus de purification de l’âme. Celle-ci doit être libérée des voiles, des obstacles, qui l’empêchent de réfléchir parfaitement la Lumière spirituelle. C’est une œuvre alchimique de transmutation de l’âme, au terme de laquelle sa conscience est entièrement illuminée, lui permettant de ce fait de voir la Lumière partout où elle projette son regard.

Fêter Pâques, c’est en quelque sorte célébrer ce passage d’un état de conscience fondé sur dualité (moi et l’autre) à celui de l’unité (Moi en l’autre). Cependant, cette célébration n’a de sens que si nous prenons l’engagement de nous donner les moyens de réaliser cette conscience d’unité en nous-mêmes, grâce à nos efforts orientés en vue de concentrer notre attention sur ce qui participe véritablement à l’éveil de la conscience.

C’est en effet à l’intérieur de nous que les symboles célébrés durant de telles fêtes religieuses doivent être rendus vivants. Autrement, nous détournons notre attention de l’essentiel et nous continuons de manquer la cible.

Alors, dans cette conscience du caractère sacré de ce que Pâques symbolise, je vous souhaite de vivre de paisibles moments d’introspection dans l’attention juste accordée à votre propre présence ici et maintenant, afin que le germe christique qu’elle porte en son cœur puisse commencer à germer et à croître sans discontinuer jusqu’à son éclosion intégrale en la conscience de l’unité.

Joyeuses Pâques.

Frédéric Burri