Ma philosophie

Ma philosophie repose sur un ensemble de principes qui constituent la pierre angulaire de ma pratique spirituelle.

Le terme « philosophie » vient du grec ancien et signifie littéralement « amour de la sagesse ».

Le philosophe n’est pas encore un « Sage » mais il aspire à le devenir, et à cette fin il se doit de garder à l’esprit certains principes qui lui permettront de vivre sa vie en adéquation avec les Lois universelles et permettre ainsi à sa psyché d’être progressivement libérée de tous ses conditionnements culturels et sociaux, se donnant ainsi une chance d’être touché par la Grâce divine lorsque Celle-ci aura décidé que le moment était venu, comme lorsque le Maître arrive parce que l’élève est prêt (ceci étant tout aussi vrai sur le plan intérieur…). 

Je dirais ainsi que la philosophie une disposition d’esprit dont il vaut mieux que nous soyons dotés si nous voulons progresser sûrement sur la voie spirituelle. Aimer la sagesse, c’est suivre une certaine ligne de conduite, une philosophie de vie pourrais-je, qui nous place dans la dynamique du juste effort sur soi-même à même de nous maintenir dans la voie du milieu afin que la Lumière spirituelle puisse constamment nous pénétrer et illuminer notre réalité intérieure.

La philosophie, en tant qu’amour de la sagesse, peut donc se comprendre comme le juste positionnement intérieur par lequel l’âme vivante prouve son amour pour la Sagesse véritable, celle du Soi divin, Sa Lumière, Sa Connaissance, en se plaçant dans l’état d’ouverture Lui permettant d’en être imprégnée.

À la différence de la philosophie, la Sagesse du Soi n’est pas déterminée par un ensemble de préceptes ou un code moral. Elle ne peut être déterminée mentalement ; elle émerge naturellement de notre cœur pour nous guider vers la justesse lorsque nous nous plaçons dans le juste positionnement intérieur

« Vide-toi de toi-même, et je te remplirai… » (parole attribuée à Jésus Christ par Swami Sivananda Sarasvati)

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Philosophie et mystique

La philosophie, au sens où je l’entends, a en commun avec la mystique l’amour de Dieu et de Sa Création. Tant le mystique que le philosophe partagent en effet cette aspiration profonde à agir pour l’épanouissement de chaque âme vivante (sans négliger la sienne propre : « charité bien ordonnée commence par soi-même ») selon l’Ordre naturel des choses voulu par Dieu.

Cet état d’esprit noble et chevaleresque aligne l’individu qui le cultive sur la Volonté divine, synonyme de Bien suprême. Cet alignement sur la Lumière spirituelle rend cet individu particulièrement sensible à la souffrance de toute forme de vie, intolérable à ses yeux, et à laquelle il sentira l’élan fraternel d’offrir les conditions de vie dont elle a besoin pour vivre l’épanouissement de sa nature. Avant tout, les principes de la philosophie et de la mystique sont donc fondés sur les lois qui participent à l’harmonie et à la croissance spirituelle du vivant, et ne se limitent donc pas à de simples raisonnements intellectuels.

Le philosophe et le mystique sont des âmes nobles qui s’efforcent de vivre ces principes au lieu de se disperser dans des débats d’idée et autres activités superficielles qui, le plus souvent, renforcent l’emprise de l’esprit de division et dévie par conséquence de la voie du juste milieu.

Voici quelques-uns des principes sur lesquels se fondent ma philosophie, et qui sont à mes yeux autant de clés à même d’ouvrir la porte de l’âme que je suis à la Lumière spirituelle du Soi :

C’est la pierre de touche des Sages, disait Arnaud Desjardins.

C’est une conversion intérieure par laquelle nous nous désidentifions de toute forme d’identification au mental et aux impulsions d’attraction et de répulsion qui se manifestent à son niveau.

En cela, l’équanimité est synonyme de renoncement, de détachement, de dépouillement, de lâcher-prise, de maîtrise de soi et d’abandon de toute forme de volition propre à l’ego.

Ce positionnement intérieur permet à la conscience individuelle, celle de l’âme vivante, de s’ouvrir à l’influence de la Lumière spirituelle, qui peut ainsi pénétrer sa réalité intérieure pour en alchimiser la « matière » psychique.

L’équanimité est en fin de compte un simple changement de regard (au sens du mot « repentance ») qui permet de faire disparaître, ou tout au moins de diminuer, l’égocentrisme propre à un mode de fonctionnement centré sur l’ego (« moi d’abord, moi avant les autres, surtout moi, moi, moi et encore moi… »).

L’équanimité peut ainsi être considéré comme un alignement sur la Volonté divine, voie rédemptrice qui libère du péché et de ses conséquences.

L’équanimité permet de s’établir dans le « juste milieu», en libérant la conscience individuelle de la dynamique propre au fonctionnement binaire de l’ego (conditionné par les fameuses impulsions contraires d’attraction et répulsion, désir et aversion, attachement et rejet, etc.). En permettant ainsi le dépassement de la dualité inhérente à l’ego, l’équanimité de la conscience de l’âme fait d’elle une « unité au cœur de la diversité » (expression privilégiée par Ramana Maharshi pour qualifier l’état de conscience équanime). 

Il s’agit à mes yeux de la capacité à se montrer tel que l’on est vraiment, surtout dans les aspects dont on a habituellement honte et que l’ego souhaiterait pouvoir cacher pour se maintenir dans sa petite zone de confort.

L’authenticité peut être assimilée à l’intégrité, la transparence, la congruence et la vérité. Elle est à l’opposée de l’attitude qui consiste à jouer un rôle et à user de faux-semblants pour ne pas perdre la face face aux autres et pour améliorer l’image que l’ego a de lui-même. 

Elle implique du courage, car se montrer tel que l’on est vraiment peut déplaire et exposer l’âme au rejet, au jugement et à la critique. Mais si le fait d’exposer la réalité à l’intérieur de soi-même – ce qui est vivant en soi – peut déplaire au monde extérieur, cela plaît en revanche à Dieu, car cela rend l’âme transparente à Sa Lumière. 

Considérer que nous sommes à 100% responsables de notre réaction face aux situations qui nous sont présentées dans notre vie quotidienne, c’est être également conscients de notre capacité à agir sur elles. À l’inverse, si nous croyons que nous sommes des victimes et que le monde extérieur est le grand responsable de notre souffrance, nous lui transférons notre pouvoir et en devenons l’esclave impuissant.

Le monde extérieur est le déclencheur et non le responsable de notre réaction. Preuve en est que, confrontés exactement aux mêmes stimuli, deux personnes réagiront peut-être totalement différemment selon leur filtre mental perceptuel, composé de croyances et influencé par de nombreuses mémoires et conditionnements.

Accepter la responsabilité de ce qui s’exprime et de ce qui vit à l’intérieur de soi-même, c’est donc aussi se donner une chance de redevenir maître de soi-même. 

« Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent ».

Faire de cette règle d’or de toutes les grandes traditions spirituelles notre code de conduite en toutes circonstances, nous évite de céder à la tentation de l’ego qui fonctionne la plupart du temps à travers des jugements, des reproches et des manipulations en tout genre.

Elle implique également de ne pas s’infliger ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse endurer. Par exemple, si l’on n’aimerait pas être jugé par le monde extérieur, alors on devrait éviter de se juger soi-même. L’idée n’est toutefois pas de réprimer le jugement de soi-même car cela équivaudrait à un refus, donc à une forme de contrôle de l’ego, mais d’observer ce jugement avec un regard équanime (voir point « 1 » ci-dessus).

J’ajouterai enfin que l’éthique de réciprocité, c’est aussi « faire aux autres ce que nous voudrions qu’ils nous fassent », non pas pour qu’ils nous le fassent, par intérêt personnel et calcul, mais pour la seule joie d’embellir leur vie.

Nombreuses sont les tentations qui peuvent nous faire renoncer à nos nobles idéaux. La droiture consiste à garder le cap, contre vent et marée. 

Combien d’artistes talentueux se sont malheureusement compromis en vendant leur âme au diable, perdant ainsi la liberté de créer selon leurs aspirations profondes, et pervertissant par là leur talent, leur passion et leur joie de vivre, pour recevoir en retour l’argent, la renommée et les honneurs mondains.

Rester fidèle à nos convictions suppose que nous refusions la sécurité, les facilités et les avantages que le monde peut nous offrir en échange de cette « trahison » de l’âme.

S’il est facile de céder à la tentation de suivre la voie de l’ego, il est par contre beaucoup plus difficile d’y renoncer pour suivre celle de l’âme, renoncement qui est proprement un sacrifice (du latin sacrum facere : « faire une chose sacrée »).

J’ajouterai que la droiture, c’est également le courage et la force de renoncer à tous les « mauvais penchants » qui voilent l’âme et l’empêchent par conséquent d’être touchée par le Grâce divine. 

C’est l’antidote absolu à l’orgueil qui guette inévitablement celui qui chemine spirituellement et qui, chemin faisant, développe une meilleure connaissance de lui-même et des mécanismes de fonctionnement inhérents à la nature humaine.

La quête spirituelle peut servir les intérêts de l’ego, qui se plaira à s’identifier à une image valorisante de soi-même : « celui qui sait », « celui qui a des pouvoirs », « celui qui est éveillé », etc.

Tirer un sentiment de supériorité des connaissances ou des capacités que l’on peut acquérir sur la voie de l’Éveil, est un piège redoutable contre lequel tous les Maîtres authentiques ont mis en garde, nous invitant à y renoncer sans état d’âme. 

L’humilité, ce n’est toutefois pas se considérer comme inférieur aux autres, mais se considérer comme leur absolu égal, non pas sur le plan de la forme bien entendu mais sur le plan de l’essence divine qui constitue la nature profonde de chacun. 

Est humble celui qui se met au service de l’épanouissement du Vivant, pour lui-même comme pour les autres, dans le respect des Lois universelles qui participent à l’ordre, à l’équilibre et à l’harmonie. 

La dynamique plutôt que le résultat

L’important pour moi n’est pas d’incarner ces six principes de manière infaillible, mais de m’y appliquer sincèrement, du mieux que je le peux, le plus souvent possible.

La perfection spirituelle n’est jamais atteinte dans le résultat, mais dans la dynamique qui y conduit, conformément à cette sagesse extrême-orientale qui stipule que le but est le chemin lui-même.

De nombreuses fois nous sommes rattrapés par les mauvais penchants de l’ego, et nous chutons. L’essentiel est de ne pas se culpabiliser (ou plus justement dit, d’y renoncer par le seul fait d’en prendre conscience, avec détachement) et de se relever avec courage et foi, encore et encore, pour se maintenir dans la dynamique de l’effort sur soi-même (j’aurais d’ailleurs pu ajouter la « persévérance » comme principe fondateur de ma philosophie…).

C’est cette dynamique qui importe puisque c’est elle qui nous rend parfaits, et non l’infaillibilité ou l’invulnérabilité dans lesquelles nous placeraient l’absence absolue d’erreurs et de manquements, sachant aussi que ce sont ces erreurs et ces manquements qui nous permettre d’apprendre, de comprendre, donc d’évoluer et de « grandir » en conscience. 

Le but n’est pas seulement le but. Mais le chemin qui y conduit. » Lao Tseu

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